Stéphanie ne se présente pas comme une couturière. Elle se dit
gardienne d'un costume
— celui que l'on porte le jour où l'on devient Arlésienne.
Depuis son atelier de Baillargues, à quelques lieues d'Arles, Stéphanie compose
chapelles, fichus, devantières et corsages dans le respect strict d'une tradition
séculaire, relancée au XIXe siècle par Frédéric Mistral. Chaque pièce
réclame des semaines de travail : choix du tissu chez les soyeux, montage
de la dentelle au point d'épingle, plissage du fichu, ourlets invisibles
repassés à la pattemouille.
Sa démarche est celle d'un atelier de haute couture appliquée au costume
régional : dessins préparatoires, patron rectifié sur la silhouette,
essayages successifs. Aucune machine ne fait ce qu'une main peut faire mieux.
Aucune dentelle n'est posée à la hâte. Aucun fichu ne quitte l'atelier
sans que l'èso n'ait été ajusté au millimètre.